48 heures sans électricité : compte rendu

Rédigé par Lenezir | Classé dans : Non classé

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06 | 10

La semaine a été mouvementée dans mon département, le Var. La pluie est tombée avec une rare violence pendant une bonne partie de la nuit du mardi 15 au mercredi 16, ce qui a conduit à des inondations qui n'ont pas été vues depuis presque deux siècles.

L'électricité a été coupé dès le mardi soir. Sans électricité, pas de réfrigérateur, pas de cuisson, pas de télévision et pas d'informatique. Cet ordinateur sur lequel je passais la plupart de mon temps libre… fini. Sevrage brutal. Au début j'ai été pas mal déboussolé. «Tiens j'ai rien à faire, je vais lire mes messages. A ben non, y a plus de jus. Hum bon ben à la place je vais me mettre un film. Ah c'est vrai, plus de jus… Allez je vais écouter les nouvelles à la radio. Ah ben non je peux pas…». J'ai bien pataugé dans la semoule pendant les deux premières heures, mais après on revient à la raison. Que faire ? Tiens un livre. Je m'installe près de la fenêtre pour avoir de la lumière et je commence la lecture. Et à ce moment on entend le silence. Le vrai silence, on n'entend plus le ronron du réfrigérateur, plus aucun appareil électrique. Le silence total. J'ai pu savourer mon « Orbe de Xaraz ».

Après un repas cuit à la cheminée, il a fallu se coucher tôt, pour éviter de se cogner dans les murs. «Bon c'est pas tout ça mais je vais jeter un œil aux dernières nouvelles avant. Ah oui, plus de jus…»

Le lendemain, quand je suis parti travailler, j'ai été surpris par le comportement des gens. On m'abordait pour me parler des inondations (chose que j'ignorais encore), et on me recommandait de faire attention. Au cœur du village, sur les routes, tous les habitants parlaient entre eux, aucun n’était seul. Avant ce jour chacun marchait droit devant lui sans prêter attention aux autres. La solidarité avait repris le dessus.

J’ai passé la journée à rendre service à des gens, à leur permettre de téléphoner à l’extérieur, j’ai joué l’interprète, le déménageur, le messager… que des choses utiles. En guise de pause, on sortait pour profiter du soleil et de la petite brise venant de la mer.

Après des journées comme celle-là, on se rend compte à quel point l’informatique tend à remplacer la vie. Nous faisons tout avec, nous travaillons, nous nous tenons au courant de l’actualité, nous écoutons de la musique, regardons des films, nous restons en contact avec nos amis avec la messagerie instantanée : nous passons notre vie dessus.

Ces deux petites journées sans tout ça m’a fait comprendre à côté de quoi je passais : le plus grand MMORPG du monde, la Vie.

Sur ce, je vous laisse, j’éteins mon ordinateur et je vais prendre l’air.

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Commentaires

Le 30 décembre 2010 Xavier06 a dit :

#1

Effectivement le "220V" est tellement "courant" que l'on en devient particulièrement dépendant. Et vue les causes et surtout les graves conséquences de cette coupure (inondation particulièrement dévastatrice), cela montre d'autres priorités et nécessités : Rester en vie dans des circonstances exceptionnels. Pour revenir à notre dépendance à l'électricité, je le constate également durant mes long voyages (en France principalement pour le moment) où chaque soir je suis à l'affut de la moindre prise de courant. Je n'ose imaginer les conséquences si durant plus de 2 jours je n'arrivais pas à me "connecter" sur du 220V. (Plus de Tél, plus d'APN, plus de GPS aussi, ...).
Heureusement que je ne suis pas encore dépendant de me connecter à Internet, car cela peut durer plusieurs semaines parfois sans possibilité (ou le temps) de ce connecter sur le Web.
Sur ce, j'espère que l'électricité continuera à nous illuminer notre quotidien sans que d'éventuel interruption engendre ou soit la cause de grave conséquence.

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